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Test – Yoshi and the Mysterious Book : une aventure adorable, inventive… mais pas pour tout le monde

Dernière mise à jour le mai 26, 2026 par Dante Alexandru

Avec Yoshi and the Mysterious Book, Nintendo confie à son petit dinosaure vert la mission d’apporter une nouvelle touche de douceur au catalogue de la Nintendo Switch 2. Disponible exclusivement sur la nouvelle console de Nintendo, ce nouvel épisode développé par Goöd-Feel s’inscrit dans la continuité des précédentes aventures de Yoshi, tout en essayant de renouveler sa formule autour d’une idée forte: l’exploration et l’expérimentation plutôt que le combat.

Dès les premières minutes, le ton est donné. Bowser Jr. et Kamek tombent sur un mystérieux livre vivant, nommé Mysterius, une sorte d’encyclopédie magique dont les pages ont perdu leur contenu. Après quelques péripéties, l’ouvrage arrive sur l’île des Yoshi et demande l’aide de nos petits dinosaures pour remplir à nouveau ses pages. Le scénario reste volontairement simple, comme souvent dans les jeux Yoshi.

Il ne cherche pas à raconter une grande épopée, mais plutôt à installer un cadre chaleureux, lisible et immédiatement compréhensible. Cette simplicité narrative n’empêche pas le jeu de proposer un message intéressant. Là où Bowser Jr. et Kamek cherchent à utiliser les créatures  du livre de manière brutale, Yoshi adopte une posture bien différente : observer, comprendre, tester et interagir avec son environnement.

Le jeu oppose ainsi, de manière légère mais efficace, deux visions du monde vivant : l’exploitation d’un côté, la découverte de l’autre. C’est subtil, accessible, et parfaitement adapté au ton familial de l’aventure.

Merci à notre partenaire BeeFun /CD Media SE pour cette critique !

Un livre magique qui prend vie

La première grande réussite de Yoshi and the Mysterious Book, c’est sa direction artistique. Le jeu donne réellement l’impression de plonger dans un livre pour enfants animé. Les décors sont colorés, les formessont douces, les environnements respirent la bienveillance et chaque  chapitre possède son identité visuelle.

Sans forcément être une démonstration technique impressionnante, le titre séduit par sa cohérence artistique. Goöd-Feel maîtrise parfaitement ce type d’univers. Après les textures de laine de Yoshi’s Woolly World et l’esthétique bricolée de Yoshi’s Crafted World, le studio choisit ici une approche plus crayonnée, plus illustrée, presque féerique.

Les pages de Mysterius servent à la fois de menu, de carte, de support narratif et de point d’entrée vers les différents mondes. Ce choix donne une vraie unité à l’ensemble et
renforce la sensation de vivre une aventure à l’intérieur d’un ouvrage vivant.

Le design des créatures est également l’un des points forts du jeu. Chaque animal ou petite entité rencontrée possède une silhouette claire, immédiatement identifiable, et souvent liée à son utilité. On comprend
rapidement qu’une créature volante pourra aider à atteindre une zone en hauteur, qu’une autre plus glissante servira au déplacement, ou qu’une espèce plus massive pourra interagir avec le décor.

Ce sens de la lisibilité est essentiel, car il accompagne naturellement le joueur dans la découverte. L’ambiance sonore participe aussi beaucoup au charme de l’ensemble. Les bruitages sont soignés, les réactions de Yoshi et des créatures sont adorables, et les petites animations de découverte donnent envie de continuer à expérimenter. La musique, douce et agréable, colle parfaitement au ton du jeu, même si elle aurait gagné à proposer davantage de variations au fil des chapitres. Sur la durée, certains thèmes peuvent finir par tourner un peu en boucle.

L’expérimentation au cœur du gameplay

Là où Yoshi and the Mysterious Book se distingue vraiment, c’est dans sa structure. Il ne s’agit pas d’un jeu de plateforme classique dans lequel il faut simplement aller d’un point A à un point B. Chaque niveau fonctionne davantage comme une petite zone d’observation, un mini bac à sable centré autour d’une ou plusieurs créatures à étudier.

Le but est simple : comprendre comment ces créatures réagissent. Peut-on les porter ? Les faire manger ? Les placer dans l’eau ? Lescombiner avec un élément du décor ? Les utiliser pour atteindre une zone inaccessible ? Chaque action réussie déclenche une découverte qui vient remplir l’encyclopédie de Mysterius et rapporte des étoiles. Ces étoiles permettent ensuite de débloquer de nouveaux chapitres.

Cette boucle de gameplay est très efficace. Elle repose sur une curiosité presque enfantine : voir une créature, tenter quelque chose, observer le résultat, recommencer autrement. Le jeu récompense régulièrement l’expérimentation, ce qui crée un plaisir simple mais réel. On n’est pas dans une logique de performance, mais dans une logique d’observation. Yoshi ne combat pas vraiment le monde qui l’entoure : il l’étudie.

C’est probablement la meilleure idée du jeu. Les créatures ne sont pas de simples ennemis ou obstacles, mais de véritables outils de level design. Elles peuvent servir à se déplacer, à voler, à atteindre des plateformes, à résoudre de petits puzzles ou à déclencher des réactions en chaîne. Certaines interactions sont très simples, d’autres demandent un peu plus d’attention, mais l’ensemble reste toujours accessible.

La verticalité des niveaux apporte également une vraie dynamique. Plusieurs zones invitent à regarder au-dessus, à chercher un chemin alternatif ou à se demander quelle créature pourrait permettre d’atteindre un élément caché. À son meilleur, le jeu donne vraiment l’impression de feuilleter un livre rempli de secrets.

Un jeu très accessible, parfois trop

Cette accessibilité est à la fois une force et une limite. Yoshi and the Mysterious Book est clairement pensé pour un public familial, et plus particulièrement pour les enfants ou les joueurs débutants. Il n’y a quasiment aucune frustration. Les chutes sont peu punitives, l’échec est rarement bloquant, et le jeu accompagne constamment le joueur. Dans cette optique, c’est une réussite.

Le titre peut être une excellente porte d’entrée dans le jeu vidéo. Il encourage à essayer, à recommencer, à observer, sans jamais sanctionner brutalement. Pour un enfant, ou pour une session tranquille en famille, c’est idéal.

En revanche, les joueurs habitués aux plateformes Nintendo plus exigeantes risquent de rester sur leur faim. Le challenge est très limité. La difficulté ne vient presque jamais de la survie ou de la précision pure, mais plutôt de la recherche des découvertes et des collectibles.

Même le 100 % reste assez abordable, d’autant que le jeu propose des outils d’exploration et des indices pour faciliter la progression. Ce choix est cohérent avec la philosophie du titre, mais il peut frustrer une partie du public. Ceux qui espéraient un vrai défi de plateforme n’y trouveront probablement pas leur compte.

Une formule charmante, mais parfois répétitive

L’autre limite vient de la répétition. Les premières heures sont très réussies, car chaque découverte donne l’impression d’ouvrir une nouvelle possibilité. Mais à mesure que les chapitres s’enchaînent, certaines actions reviennent souvent : avaler une créature, la faire manger, la placer dans un élément précis, l’utiliser contre le décor.

Le jeu conserve son charme, mais l’effet de surprise s’atténue progressivement.

La structure en niveaux centrés sur des créatures fonctionne bien, mais elle manque parfois d’évolution. On aurait aimé que certaines mécaniques soient davantage croisées entre elles, ou que les créatures découvertes précédemment reviennent plus souvent dans des situations nouvelles. Le jeu déborde de bonnes idées, mais toutes ne sont pas exploitées avec la même profondeur.

L’absence de véritable multijoueur local est également regrettable. C’est même assez surprenant pour un jeu aussi familial. Yoshi and the Mysterious Book donne naturellement envie d’être partagé : on discute des découvertes possibles, on cherche ensemble quoi tester, on se passe volontiers la manette. Un mode coopération aurait parfaitement collé à l’esprit du jeu.

Durée de vie et contenu

Côté durée de vie, il faut compter environ 8 à 10 heures pour terminer l’aventure principale, avec davantage de temps nécessaire pour compléter l’encyclopédie et viser le 100 %. Certains pourront trouver cela un peu léger au regard du prix, mais le rythme général évite au jeu de trop s’étirer. La durée paraît plutôt adaptée à sa proposition, même si l’on aurait aimé voir certaines idées développées plus longtemps.

Le contenu post-crédits et les outils d’exploration donnent une bonne raison de revenir dans les niveaux, surtout pour les joueurs qui aiment tout compléter. Le jeu se prête d’ailleurs très bien à des sessions courtes, ce qui correspond parfaitement à son ambiance cosy et à sa structure.

Verdict

Yoshi and the Mysterious Book n’est pas le grand jeu vitrine que certains attendent peut-être sur Nintendo Switch 2. Il n’a ni l’ambition spectaculaire d’un Mario 3D, ni la profondeur d’un grand jeu d’aventure, ni le challenge d’un platformer exigeant.

Mais ce n’est pas ce qu’il cherche à être. Sa réussite se trouve ailleurs : dans son charme, dans son intelligence douce, dans sa capacité à transformer la curiosité en mécanique de jeu.

C’est une aventure adorable, inventive, très accessible, qui sait créer un vrai sentiment d’émerveillement. Malgré une difficulté trop faible, une certaine répétition et l’absence regrettable de multijoueur local, le jeu possède une vraie personnalité.

Pour les enfants, les familles, les amateurs de jeux relaxants ou les joueurs sensibles à l’univers Yoshi, c’est une très belle surprise. Pour ceux qui cherchent un défi ou une expérience de plateforme plus traditionnelle, il faudra probablement revoir ses attentes.

la note finale est
7.5/10 —

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